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Communication financière : le carton jaune des analystes !

ACTUALITÉS & REVUE ECONOMIQUE

Les analystes globalement peu satisfaits de l’exhaustivité des informations qui leur sont communiquées. La volonté de communiquer le moins possible pointée du doigt. L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a toutes les cartes en main pour relever la qualité de l’information financière.

Le bal des publications financières annuelles va bientôt commencer. D’ici quelques semaines, les émetteurs dévoileront leurs états de synthèse dans les journaux. Les plus «téméraires» organiseront des conférences de presse. Et puis silence radio (ou presque) jusqu’au mois de septembre où le même scénario se répétera mécaniquement, à l’occasion de la publication des résultats semestriels. Nous, fatalistes ? Pas vraiment!
La problématique de la qualité de l’information et de la communication reste entière. A quel point pèse-t-elle sur les opérateurs du marché? C’est ce que nous avons tenté de savoir auprès de six des principales sociétés de bourse de la place à travers un sondage auprès de leurs départements d’Analyses et Recherches, premiers consommateurs de l’information financière. Et voici les résultats qui en ressortent.

Des annonces souvent peu concrètes

En réponse à la question «Sur une échelle de 1 à 5 (Le chiffre 1 correspond à “non satisfaisant”, le chiffre 5 à “très satisfaisant”, quelle note donneriez-vous à la communication financière des sociétés cotées, en terme de qualité?» Les analystes ont majoritairement donné une note de 2.
Cette même note (de 2) a été consacrée à la fréquence de la communication financière.
S’agissant de la pertinence des conférences de presse, les bureaux de recherches l’évaluent à 2. Concernant l’exhaustivité de l’information communiquée dans le cadre des résultats semestriels et annuels, ils ont majoritairement estimé qu’elle n’était pas satisfaisante et lui ont donc donné la note de 1. Enfin, les sondés ont attribué un «1» à la crédibilité des perspectives annoncées par les sociétés en termes de chiffre d’affaires estimé, de dividendes promis, etc. Ils estiment que les projections annoncées sont pour la plupart peu concrètes et pas quantifiables. Suffisant pour comprendre qu’il y a beaucoup à faire.

«Au Maroc, il y a toujours cette volonté d’informer le moins possible, quelquefois de peur que la concurrence n’exploite certaines informations. Tandis que sur les autres places étrangères, les sociétés publient des informations exhaustives, avec des commentaires clairs et détaillés des chiffres, et des business plan constamment actualisés», confie un trader.

A ce propos, nous avons demandé aux analystes de citer les sociétés qui communiquent le plus, selon eux, celles qui communiquent le mieux et celles qu’ils jugent moins ouvertes – celles qui n’ont jamais tenu de points de presse, qui communiquent le moins ou qui sont inaccessibles aux analystes (cf. Tableau «Les meilleurs et les moins bons élèves, selon les analystes»).
Par souci de neutralité, les émetteurs jugés «moins bons» ont été contactés afin de les faire réagir à cette appréciation et s’ils comptaient fournir plus d’efforts pour relever le niveau de leur communication financière. Aucun n’a donné suite à notre requête. Les cinq qui avaient promis de répondre se sont désistés. D’autres n’ont réagi ni à nos appels, ni à nos messages de relance.

Refonte du cadre réglementaire

Reste maintenant à savoir ce qu’il faut faire pour améliorer le niveau de la communication financière. Les analystes sont unanimes: elle est incontestablement liée à la refonte du volet réglementaire. «L’amélioration du flux de l’information se fera quand on passera à des publications trimestrielles avec des canevas prédéfinis par les autorités», affirme l’un d’entre-eux. Autrement dit, l’AMMC devrait contraindre les émetteurs à publier et argumenter davantage leur activité et réalisations financières, aussi bien dans les communiqués de presse que lors des réunions avec les analystes. Cela devrait être le cas pour tous ceux qui font appel public à l’épargne. Il y va de la crédibilité du marché.

Source : LA VIE ECONOMIQUE (Lien)

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